lundi 5 juillet 2010

Un voyage à fleur de peau

Pendant nos vacances le soleil provençal a plu ses rayons sur nous. Vite ma peau bronza tellement que le teint alla du mat au foncé. Au début de la transformation, Chouchou, qui bronze facilement aussi, me tenait la main pour les regarder ensemble. Elle me dit, « Tu vois ! On est de la même couleur. » Après la transformation, une fois elle compara le teint de nos bras et d'un ton surpris elle dit que j'étais bien basané, mais vite après, elle supprima sa surprise et me dit que nous étions de la même couleur.

En effet, le teint de ma peau devint presque celui que j'avais avant que je ne découvrisse les rapports des couleurs à la stratification sociale. Ce n'était pas à l'université dans la Pennsylvanie profonde. Là-bas, personne sauf les américains africains ne marquaient la couleur de ma peau, mais à vrai dire ils s'intéressaient plus à la couleur de leur peau qu'à la mienne. C'était à la plage du Maryland quand mes deux meilleurs amis et moi décidâmes de passer l'été à la plage. Nous trouvâmes un emploi dans le même restaurant touriste où se côtoyaient les étudiants universitaires de tout poil. Moi, à l'époque je ne savais quel parent se chargeait de moi, et je ne me décida d'aller avec eux qu'au dernier moment. Le restaurant les avait déjà embauché comme cuisiniers préparant des plats rapides. On m'embaucha sur le champ pour faire cuisiner des petits pains dans un four de convection très chaud qui souffla sur moi une haleine d'enfer et m'a brûla les mains chaque jour. Après avoir été brûlé plusieurs fois aux mains sur lesquelles j'avais toujours une nouvelle ampoule chaque jour, je répétais à mes amis chaque fois que je les vis dans le restaurant, « Je déteste mon boulot. » Quand je me rendis compte du fait que je ne maîtrisa jamais le four, je scanda un drôle de plainte, « Je déteste mon boulot. Regardez-moi les mains. Je déteste mon boulot. Regardez-moi les mains. »

Pour me remonter le moral, ils me donnaient en cachette un sandwich au crabe à carapace molle. Au prétexte de sortir les poubelles, j'allais dehors avec le sandwich dans ma poche et le mangea auprès des ordures qui puaient, mais au moins elles ne me brulèrent jamais les mains.

J'étais isolé de tous les autres dans le restaurant. Mon boulot comprenait les poubelles, les petits pains et plus tard j'allais entre le restaurant et l'entrepôt. En revanche mes amis parlaient et rêvaient de la vie aisée des serveurs. Ils travaillaient moins, gagnaient beaucoup plus que nous, et ils passèrent chaque été de leur vie à la plage, parce que leurs parents y avaient une maison. En revanche, nous étions pour la première fois là-bas. Nous nous entassâmes dans un appartement à cinq pièces -- deux chambres, un salon, une petite salle de bain et une cuisine. Trois personnes dormaient dans une chambre. Une dormait sur le canapé.

Mes amis essayèrent de s'intégrer à la vie sociale du restaurant, mais au bout du compte nous y renonçâmes. Une fois, l'un des serveurs a dit à mon ami qu'il pensaient que les étudiants qui travaillaient dans les cuisines n'étaient pas aussi intelligents que les serveurs. Une autre fois, une serveuse lui dit qu'elle était très étonnée de mon niveau d'anglais.

La seule personne qui semblait acceptée partout était un haltérophile qui connaissait l'un de mes amis. Je ne le compris jamais, mais il nous aimait bien. Une fois, il nous dit que son frère et lui s'amusaient à battre les dégonflés. Par exemple, un dégonflé et sa copine se bécotaient en attendant le feu rouge. Les frères haltérophiles l'attendaient derrière eux, mais quand le feu changea au vert, les amoureux, qui étaient fleur bleue, n'y firent aucune attention et continuèrent leur passion folle et amoureuse ce qui déchaîna la passion folle et violente des haltérophiles. Ils firent sortir le pauvre dégonflé et le battirent devant la jeune femme. Après son histoire, il était tout sourire. Nous ne pûmes oser un seul mot, mais après quelques instants, je lui demanda si c'était nécessaire. Il dit que le dégonflé le mérita. Dès cette histoire, je le détesta comme le four d'enfer, mais j'étais la seule personne qui le trouva dégoutant. Toutes les femmes, qui ne nous disaient jamais un seul mot, faisaient autour de lui maintes attentions. Une fois, nous étions à une soirée organisée par le restaurant, et je pense que j’essayai de parler à une serveuse. Après toutes les formules et les questions de complaisance, elle me dit qu'elle trouva l'haltérophile très intéressant. Évidemment ce n'était ni la couleur de sa peau ni l'acné juvénile qui l'intéressa. J'imagine que l'intérêt était juste au-dessous de sa peau. Peut-être c'était qu'il avait l'air robuste, bien que son acné trahissent une hygiène ou régime malsain ? J'achevai la bière dans mon verre en plastique, lui demanda si elle en voulait encore une, et mes amis et moi finîmes ensemble la soirée entre soûl, gris et noir comme d'habitude tout en discutant de tout de de rien, plaisantant et étant le boute-en-train de notre propre fête gigogne dans la fête nous qui entourée.

Heureusement deux groupes d'étrangers travaillaient aussi à notre restaurant -- un groupe de trois irlandais et un autre groupe de deux anglais et un irlandais du Nord. Mon meilleur ami de tout ce mélange de deux iles, Seanan, me chuchota qu'il était très surpris que les irlandais et les anglais pouvaient s'entendre si bien. Et c'était bien vrai. Bien que nous trois n'eûmes aucune idée du conflit, nous nous entendions très bien ensemble. L'un des anglais, Simon, nous dit que sans nous ils s’ennuyèrent à mourir, parce que tous les autres américains dans le restaurant étaient plats et vides. Nous étions les seuls qui étaient ouverts et intéressants.

Pour nous, ils étaient comme nos frères perdus parmi une mer des âmes uniformes et matérialistes. Pour survivre, je ne me suis pensé qu'il fallait un jour traverser l'océan et en attendant il serait mieux d'éviter les rayons de soleil. Par conséquent nous passâmes l'été avec eux et je n'alla qu'une fois à la plage.

Depuis cet été, je reste cloué à un ordinateur. La couleur marron de ma peau s'est fanée. Quelquefois une personne curieuse me demande si je suis persan. Quand cela arrive je me sens à l'âge où on pensait que j'étais différent. Or dans cette époque ma couleur et mon accent me trahissent. Aux yeux et oreilles des multiculturalistes, je ne me détache plus du lot.

Mais après les vacances, peut-être je retrouverais ma distinction. Je me suis demandé si auprès de mes collègues on marquerait le changement.

La secrétaire m'a accueilli en faisant les yeux ronds. « Te voilà. Où étais-tu ? » Elle hésita un instant et puis ajouta, « Je vois que tu étais ailleurs. » La deuxième étape était de passer devant ma voisine, « Comment se passait tes vacances, Go ? » Je lui ai dit que tout allait bien, mais à la fin le soleil brillait si fort que cela m'a fait mal. Je me suis tendu les bras pour lui montrer que je me suis couvert de rougeurs. En effet, depuis que je me suis arrêter de passer la plupart de mon temps dehors, je suis devenue allergique au soleil. Elle n'en a rien vu sauf ma couleur, « Oui, tu es si foncé. C'est que tu as bien du sang méditerranéen. » La troisième étape de mon voyage à fleur de peau était l'examen de Coucou, un jeune homme noir. Il m'a regardé. Je l'attendais de parler, « Et alors, pas content de me revoir ? » et puis il m'a dit, « Tu as l'air d'être en pleine santé. »

Formidable. Malgré toutes les rougeurs sur mes bras qui témoignaient un malaise, mon voyage à fleur de peau a débouché sur une santé robuste dans notre époque multiculturaliste.

Je n'ai pas fini. Attendez la suite.

4 commentaires:

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

Au moins, tu n'étais pas vert! :D

Je t'attends au Canada pour des leçons de danse... :D

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

Au moins, tu n'étais pas vert! :D

Je t'attends au Canada pour des leçons de danse... :D

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

Voilà que j'écris en double... It's because I'm getting younger... ;)

Ren du Braque a dit…

Merci pour tes commentaires Rosie.