dimanche 28 mars 2010

Une crise d'écriture

Il est souvent que trop de prudence ou la peur d'être indélicat m'oblige à me rester coi. Mais à force de mon amour insensé de la langue française, j'ai fini par vouloir m'insérer dans le monde francophone et croire à l'universalisme et à la devise de la République française. J'ai parcouru le monde francophone, assisté à des cours à l'Alliance française, rencontré des français, et maintenant je suis transformé en dingue francophile. Cet amour m'a même poussé de tenir un blog, le comble du nombrilisme, et me lier fortement à la toile d'autant que ma femme s'inquiète de ma santé mentale. Comme il faut pratiquer la langue tous les jours, j'essaie de parler et écrire en français à chaque occasion possible. Par exemple, bien que je ne comprends rien de cet idiome « Bonjour ... ! » qui me semble évoquer le contraire de ce qu'on dirait anglais, je m'efforce de me dépayser de plus en plus en l'écrivant, « Bonjour la prudence ! »

Il y a deux semaines j'ai commencé à écrire un billet par jour. Au début, cela me semblait être un projet facile, mais j'ai vite découvert qu'un billet par jour, c'était épuisant. Il est difficile de trouver le contour de ses pensées, de les modeler, et puis de chercher les mots appropriés. On peut passer des heures et des heures se demandant, « Est-ce que je me suis bien exprimé ? Cette paragraphe, n'est-elle pas un peu décousue ? Dois-je terminer cette paragraphe et passer à la suivante ? »

La chose qui me surprend était ma réaction. J'étais fier de mon style et de chose inventées, mais j'ai vite compris qu'il est beaucoup plus intéressant d'écrire les blogs que de les lire. J'ai dit à mes amis que j'avais un blog. J'étais fou de joie lorsque mon amie Suisse m'a laissé un commentaire deux jours de suite. J'ai commencé à penser « Voilà, c'est pas mal. Encore un moyen d'entretenir une conversation. » Mais, le lendemain, elle n'a pas écrit de commentaire, le surlendemain, toujours rien, ni les jours suivants. Evidemment, je dois éprouver le même sentiment que mes 'lecteurs' doivent éprouver quand ils m'envoient un lien à un billet quelconque qui est absolument décousu mais contient, peut-être !, un petit brin d'humour. Mais en fait, je ne cours pas les compliments dans l'univers virtuel, je cherche un moyen de voyager. C'est-à-dire un moyen de me mettre en contact avec des personnes dans chaque coin du monde francophone et essayer de les écouter et de m'exprimer le mieux possible.

Une semaine écoulée depuis son dernier commentaire, je lui ai écrit qu'elle m'avait gâté ! Et tout d'un coup elle m'a fait rendre compte que je suis un type qui se gâte trop facilement. Je lui ai demandé si elle voulait lire le billet de dimanche. Elle ne m'a écrit pas un commentaire mais deux ! Après cela, rien. Bonjour la conversation ! Retour à la routine.

J'ai demandé à un autre ami s'il voulait lire mon blog, et il a dit sans grand enthousiasme qu'il le lirait. Le week-end dernier je lui ai demandé s'il l'a plu. Il m'a dit que j'ai écrit quelque chose sur un sujet quelconque, et qu'il n'a pas retenu le fil de mon sujet. Oh là là !

Et ensuite, je suis arrivé à une drôle de crise d'écriture. Dois-je continuer à écrire sur l'internet ?

En tout cas il faut attendre la suite qui continuera dans le prochain billet.

1 commentaire:

Quinquabelle a dit…

Et bien, l'ami de l'autre côté de la grande mare, je vous ai découvert et je vous lis! :-)
Continuez, je vous en prie, à pratiquer cette belle et difficile langue qu'est le français!