dimanche 11 avril 2010

Un dimanche mouvementé à ne rien faire


Même quand on essaye de ne rien faire, même aux moments qui restent effacés de la mémoire, si on y fait attention, la vie est toujours en ébullition. C'était le cas aujourd'hui, un dimanche quelconque où je pensais faire juste ce que je voulais faire.

Je me suis levé à six heure trente, trop tard pour voir le lever du soleil, trop tôt pour dormir assez d'heures. J'ai fait du café, et puis j'ai fait des calculs -- parler par Skype, finir de lire Don Quichotte, écrire mon billet, terminer le billet d'hier, et aller déjeuner à quelque part. Je pense que j'ai commencé à lire, mais ce matin, je ne sais plus ce qui j'ai fait. Le jour a bien commencé environs 9 heures quand ma femme, Chouchou, m'a demandé ce que je pensais faire. Rien, je lui ai dit, tout ce que je voulais faire. Non, il faut ajouter à ma liste qui consistait d'un seul article de vérifier les impôts. Est-ce qu'on va déjeuner quelque part ? Non, elle a un concert dans l'après-midi, et c'est moi qui dois faire la cuisine.

Environ 9h30, j'ai sorti mon vélo du sous-sol pour aller à l'épicerie. Cinq minutes plus tard, j'y arrive, mais il n'ouvre pas jusqu'à 10h. Je rentre et prends une douche. Chouchou tire le rideau et me voit. Cela fait longtemps que j'ai pris une douche à la maison. Je me lave après avoir nagé à la piscine. Je me rase, et puis ressors. Cette fois-ci, je rentre à la maison, le sac à vélo gorgé à craquer, et essaie de commencer la cuisine, mais Chouchou a d'autres idées. Il faut attendre jusqu'à ce qu'elle finisse à nettoyer tout, et en attendant je dois me laver les mains. Est-ce que je peux utiliser la grande planche à découper ? Non, il n'est pas propre. Je l'aide à la nettoyer avec le mitigeur aéré, et puis je le lui point. Elle fronce les sourcils et j'y renonce.

Je prépare les plats. Je termine les asperges et la salade. Je découpe les ingrédients, je les mets ensemble, mais je dois retourner à l'épicerie pour des navets, un pot de confiture de baie d'airelle, et du persil. Quand je suis rentré, le lave-vaisselle, qui est fort malade, est en train de grogner comme un agonissant. Chouchou l'a démarré parce que le maudit engin s'est mis à fuir et elle voulait vider l'eau qui déborde et coule au sous-sol dont le sol est couvert de l'eau. Le désastre évité, je recommence à travailler. Vers midi, je vois si un correspondant m'attend. Je laisse un message et retourne à la cuisine. Nous n'avons qu'une heure pour terminer la cuisine et manger, mais elle veut terminer les impôts. Je lui dis qu'il sera impossible de manger, travailler et passer un peu de temps ensemble. Allons à la terrasse, éteins la télévision, et mange dehors avec moi !

Et alors, dehors c'est le paradis. Tout le chaos s'efface. Le soleil brille. La lumière jaillit sur les couverts. Les oiseaux chantent. Tu vois ? Mais qu'est-ce que tu y penses ? A ton concert ? Non, les impôts. Mangeons Chouchou.

« Tu vois, c'est comme la France ici. L'azalée-là, c'est comme une cathédrale, les jonquilles, comme un pré vert de hautes herbes, les oiseaux, comme les oiseaux français ou les chants des cloches, non ? » Elle reste tranquille. On ne se parle plus, sauf pour remarquer les oiseaux dans les arbres, les abeilles dans les arbustes et les bourdons dans l'air. On laisse les chats dehors par une fenêtre ouverte. Nous mangeons. Je bois un verre de vin.

Je retourne à la cuisine pour faire des oeufs pochés. Un, deux, trois dans l'eau. Je note le temps pour attendre et l'abeille dans la maison. Une abeille dans la maison ! Je le cerne par un drap et l'encourage de sortir, mais le temps de la faire sortir est trop long pour les oeufs. Ils sont tous durs.

Nous finissons le déjeuner en toute tranquillité. Et juste pour un instant j'ai l'impression que tout est calme et tranquille. Je flotte, les milles distractions et soucis sont loin, la vie est belle. En fait, il me semble que tous mes plans de ne rien faire ce dimanche s'accomplissent sans le moindre effort.

Et dire que jusqu'à à ce moment tout me disait le contraire.

Le reste de la journée ne mérite pas une description. Ce n'est pas qu'il était calme. C'est que même dans une journée à ne rien faire, la vie est toujours en ébullition, et je finis le jour par m'épuiser.

Qu'est-ce qui va m'arriver pendant les vacances en France ? Merde, j'ai oublié de conclure notre projet de vacances. Le week-end prochain peut-être ? Je n'ai pas grand chose à faire.

2 commentaires:

Rosette ou Rosie, c'est pareil a dit…

La photo est superbe, le texte est reposant et la plume est tout simplement ravissante. Que demander de plus ou de mieux en ce dimanche mouvementé à ne rien faire? ;)

Ren du Braque a dit…

@ Rosette
Merci bien et bienvenue à ma maison virtuelle.